Bougival / Pour Jeanne, ce sera NON !
- Jeanne Dupont

- 19 juil. 2025
- 2 min de lecture
Lors du référendum de février 2026, il faudra voter non à la proposition d'accord de Bougival.
Non à un texte rédigé sans consultation populaire, sans débat public, et sans légitimité électorale de ceux qui l’ont signé. Non à un accord imposé par des acteurs politiques reconduits sans élection, qui ont perdu toute capacité à engager l’avenir du pays au nom du peuple. Les élections provinciales devront impérativement se tenir en mai-juin 2026, comme prévu, et ne plus jamais être reportées. Ce sera l’occasion d’élire une nouvelle génération de représentants, porteurs d’un mandat clair pour construire un nouvel accord plus juste, et conforme au droit international.
Ce que nous devons refuser est explicite. Refuser que la nationalité calédonienne soit conditionnée au maintien de la nationalité française, ce qui rend juridiquement impossible l’existence autonome d’un citoyen calédonien, et ouvre la voie à une forme d’apatridie inacceptable. Refuser un texte qui évacue toute perspective d’autodétermination formelle, alors même que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reste inscrit dans la Constitution française et les résolutions onusiennes que la France s'est engagée à respecter. Refuser un accord qui ne prévoit aucun mécanisme de correction des inégalités structurelles héritées de la colonisation, et qui ne tire aucun bilan des politiques de rééquilibrage économique dont l’échec est aujourd’hui manifeste. Refuser que la province Sud, déjà la plus favorisée, obtienne un renforcement de son poids au Congrès sans réexamen global de la logique institutionnelle. Refuser qu’un texte aussi fondamental soit soumis à un vote populaire sans possibilité d’amendement et sans phase d’élaboration collective.
Mais refuser ne signifie pas bloquer, ni boycotter, car ce non devra ouvrir la voie à un processus sérieux de transition. Nous ne serons pas indépendants demain, et nous devons en être conscients. Mais nous devons apprendre, dès maintenant, à exercer nos compétences régaliennes : fiscalité, diplomatie, justice, monnaie, développement économique. L’objectif doit être celui d'aller vers la pleine souveraineté, dans un cadre négocié avec la France, mais jamais sous sa tutelle. Il faudra que l’État calédonien devienne une réalité juridique autonome, qu’il ne soit plus dépendant du bon vouloir d’une autorité extérieure. Il faudra aussi mettre un terme aux mécanismes néocoloniaux : contrôle indirect de nos ressources, absence de marge de manœuvre fiscale, monopoles économiques, prêts à taux usuraire présentés comme aides mais qui ne sont en réalité que des dettes de dépendance contre les intérêts de nos générations futures. Un accord digne doit inclure la reconnaissance de toutes ces logiques et permettre leur
dépassement, en posant enfin les bases d’une égalité juridique et politique entre partenaires associés.
Refuser cet accord, c’est reprendre notre pouvoir populaire et sortir d’un piège institutionnel reconduit sans fin. Ne bradons pas notre pays. N’acceptons pas la néocolonisation maquillée par la maîtrise unilatérale du droit constitutionnel. N’attendons rien de ceux qui nous ont lancés contre le mur le 13 mai 2024. Exigeons plutôt de nous-mêmes, exigence et courage pour redonner au peuple la place centrale qui lui revient dans toute démocratie authentique : celle d’écrire lui-même les règles de son avenir, et de celui de ses enfants. Merci mon pays.



Commentaires